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 Au bord du ruisseau (PV Jyel)

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Gaheris Vraenak

Membre du Conseil de la Guilde des assassins

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Messages : 11
Date d'inscription : 31/07/2013

Fiche personnage
Métier: Conseiller de la guilde
Allégeance: Guilde des assassins
Classe: Rôdeur
MessageSujet: Au bord du ruisseau (PV Jyel)   Mar 13 Aoû - 22:35

Agenouillé au bord du ruisseau qui serpentait à travers l’étendue des grands feuillus, tout au sud des Forêts froides, Gaheris observait le reflet de son visage dans l’eau claire et calme. Ses mèches de cheveux gris étaient collées sur le front et une sueur abondante ruisselait de ses tempes et se mêlait à des tâches de sang encore frais. Il avait fort mauvaise mine et tentait de reprendre gentiment une respiration moins saccadée.

La veille encore, il se trouvait à Elildinar, la capitale des marchands au cœur des Contrées d’or. Il avait quitté la cité au beau milieu de la nuit à la poursuite d’un groupe de brigands qu’il traquait depuis quelques temps déjà. Mais la difficulté à se dissimuler tout en gardant une certaine distance ainsi que la rudesse du climat dans cet environnement hostile avaient rendu la chasse incertaine, si bien qu’au petit matin, Gaheris avait perdu toute trace de ses proies. Il avait alors parcouru une bonne portion de ce désert aride à l’ouest d’Elildinar et devait à présent regagner des contrées plus hospitalières. Le plus simple était alors de braquer plein sud et rejoindre le territoire des Nains par le Versant Vert des Pics. Mais cela ne se fit pas aussi simplement que Gaheris ne l’aurait souhaité. Au milieu de la matinée, alors qu’il lui restait encore un bon bout de trajet à parcourir, le rôdeur se retrouva presque nez-à-nez avec un groupe d’Orcs des montagnes qui allait à sa rencontre. Comment se faisait-il que ses immondes créatures s’aventurassent  aussi loin de leur territoire, elles qui d’habitude vivaient repliées dans leurs grottes et guettaient le passage d’un individu perdu et isolé pour s’en prendre à lui ? Gaheris n’eut pourtant pas le temps de trouver réponse à ses interrogations car les Orcs l’avaient déjà repéré et changeaient brusquement de direction. Lorsqu’ils furent suffisamment proches, il en dénombra une douzaine, armés de haches, tranchoirs et autres épées ébréchées sans doute ramassées sur des cadavres. Fuir paraissait l’idée la plus raisonnable mais seule l’immensité du désert s’offrait à lui de tous côtés, excepté là d’où les Orcs venaient. Il sauta alors de son cheval, s’équipa de son arc et prépara une première flèche qui alla se loger dans le crâne de l’une de ses immondices lorsqu’elle se trouva assez proche. Ses congénères se mirent alors à foncer sur lui en hurlant des mots incompréhensibles qui ressemblaient plus à des cris gutturaux qu’à de vraies paroles. Il put en abattre deux autres de la même manière avant que les neuf restants ne l’aient rejoint. Dégainant son épée, Gaheris se prépara alors à recevoir les premiers coups. Il put aisément les parer et se débarrassa de son premier adversaire en lui fracassant le crâne de toutes ses forces. Les Orcs n’étaient pas d’habiles combattants rompus aux techniques de combat mais ils étaient tenaces et ne savaient pas ce que signifiait la retraite. Même dans un affrontement perdu d’avance par le surnombre de leurs ennemis, ils luttaient jusqu’au dernier souffle. Aussi Gaheris se retrouva bientôt encerclé et ne savait plus où donner de la tête pour espérer contrer la prochaine attaque. Il se battait sans armure ni bouclier, ce n’était pas dans ses habitudes et cela le gênait dans ses mouvements. Trois autres Orcs se retrouvèrent transpercés par l’acier de l’épée mais à l’instant où il allait en abattre un autre, Gaheris sentit une pression cinglante au niveau de l’épaule. L’un des Orcs l’avait surpris par derrière et sa hache s’était enfoncée de plusieurs centimètres dans la chair de l’humain. Dans un hurlement de douleur, Gaheris se retourna aussitôt et décapita d’un coup net le responsable de cette attaque sournoise avant qu’une lance ne l’atteigne à la cuisse. Deuxième coup encaissé en une fraction de seconde. Hors de lui et mû par l’adrénaline, il enchaîna à nouveau les attaques mortelles et précises à une vitesse impressionnante, jusqu’à ce que le dernier Orc s’écroule à ses pieds. Gaheris contempla un instant cet amas de cadavres rougissant de tâches ocre le sable du désert. Il ne fallait pas rester là plus longtemps, d’autres allaient certainement rappliquer dans les heures voire minutes qui suivraient. La route du sud lui était donc interdite. Mais il devait se remettre au plus vite de ses blessures et l’endroit qui lui apparut le plus proche et le plus sûr était le royaume Elfe bien plus au nord, où la densité des Forêts froides lui assurerait une certaine protection.

Gaheris posa à présent la main dans le creux de son épaule, là où la hache s’était enfoncée. Le processus de régénération avait déjà commencé ; il le sentait, car cela lui donnait à chaque fois l’impression qu’une infime partie de sa force s’évaporait en même temps que la chair se refermait. La cicatrisation s’opérait beaucoup plus rapidement chez lui que chez n’importe quel autre être humain mais elle s’accompagnait également de sensations désagréables de brûlures et les marques des blessures ne disparaissaient jamais totalement, telle une vilaine cicatrice. De plus, le processus le fatiguait grandement, si bien qu’il aurait été incapable de livrer le même combat peu de temps après. Heureusement qu’il était parvenu jusqu’à cet endroit, perdu au milieu de la forêt et à l’abri des regards indiscrets.

C’était du moins ce qu’il espérait. Une étrange sensation d’être observé le parcourut subitement. Il se retourna prestement et se retrouva nez-à-nez avec… une Elfe ? Une Elfe, bien sûr. Il se trouvait sur le territoire des Elfes et aurait dû s’attendre à en rencontrer. Ces êtres étaient réputés pour leur discrétion et leur faculté à se mouvoir dans la nature sans faire de bruit. Voilà pourquoi il ne l’avait pas entendue arriver. A présent, Gaheris observait ce nouveau venu sans mot dire. Il était à genoux, le visage sale et à torse nu, laissant paraître son imposante musculature et surtout un nombre impressionnant de cicatrices dont la plus grande traversait le pectoral gauche. Il jeta un coup d’œil rapide à son épée qui traînait par terre à quelques pas. Impossible de s’en saisir rapidement sans que l’Elfe ne lui ait déjà bondi dessus avant. Gaheris croisa à nouveau le regard de l’Elfe. Il ne voulait pas lui témoigner un air hargneux même si les traits de son visage étaient renfrognés par la douleur de la chair à vif sur son épaule.

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~ Tout ce qui est or ne brille pas, tous ceux qui errent ne sont pas perdus ~
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Jyel Elehnuun

Sorcière elfe

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Messages : 36
Date d'inscription : 18/07/2013

Fiche personnage
Métier: Inquisitrice
Allégeance: au Vindictus
Classe: Sorcière
MessageSujet: Re: Au bord du ruisseau (PV Jyel)   Mer 21 Aoû - 12:48



Il pleut.

Voilà la première pensé de Jyel, au matin de cette journée au temps maussade. L'odeur de la pluie, s'étant infiltré à travers les pierres du temple, l'avait réveillée. S'extirpant avec lourdeur de sa confortable couchette, elle jeta un rapide coup d’œil endormi à travers sa petite fenêtre. L'aube naissante confirma son impression ; il était encore tôt. Elle aurait pu soupirer et se dire qu'elle avait encore quelques heures de sommeil devant elle, et donc se recoucher dans la foulée. Elle aurait aussi pu se lever, grognant, privée d'un sommeil réparateur et trouver des occupations auxquelles elle pourrait vaquer en attendant que le temple entier s'éveille. Mais non, loin de là. L'inquisitrice avait reçu l'ordre d'assister à la procession religieuse en l'honneur du Vindictus. Jyel jugea qu'elle avait une heure devant elle, le cortège démarrant tôt.

Après avoir avalé une collation frugale, l'inquisitrice enfila sa tenue de cérémonie, composée d'une longue toge claire resserrée à la taille par une large ceinture grise brodée d'or, dont le motif se répétait au bout des manches. Elle portait sur cette robe une longue écharpe grise brodée de fils dorés,  Cela n'était pas nécessaire, mais Jyel affectionnait cette tenue. Et elle avait aussi reçu pour ordre d'impressionner les fidèles, il ne lui fallait donc pas faire les choses à moitié. Alors qu'elle s'apprêtait à nouer ses cheveux dans sa nuque, elle se ravisa et passa une main entre ses mèches bleus clair. Ses long cheveux fins retombèrent dans son dos.

Elle attendit patiemment sous le couvert des arbres, ayant encore quelques minutes d'avance. Le seul bruit de la pluie tombant sur la forêt perturbait le silence. Ou plutôt, l'embellissait. Les minutes s'écoulèrent rapidement, absorbée qu'elle était par la contemplation de la nature. Jyel perçut alors des bruits sourds de pas, et leva les yeux vers les nouveaux arrivants. A vue d’œil, elle en dénombra une cinquantaine. Une majeure partie d'elfes, bien qu'il y eut également quelques humains. D'un geste de la main, elle invita les Fidèles à la suivre. Le cortège démarra. La procession se déroulait en silence, malgré quelques chuchotements. Tous priait le Vindictus, l'Inquisitrice en tête de troupe. Jyel ne suivait pas de chemin précis, elle suivait son instinct. Ou plutôt, le Vindictus la conduisait, comme elle se plaisait à le croire. Le parcours qu'ils effectuaient suivait une sorte de boucle dans la forêt, près de ruines ou de lieux sacrés.

Au bout d'une petite heure de marche silencieuse, le groupe arriva devant un autel d'une hauteur d'environ 1m50. Jyel inspira profondément ; le Vindictus était avec eux, avec elle, elle le sentait. Elle laissa cette drôle de sensation monter crescendo dans son corps, jusqu'à ce qu'elle en perde le contrôle au profit du Dieu scellé. Des murmures se firent entendre dans l'assemblée. Une aura noirâtre flottait autour du corps de l'inquisitrice, semblant s'en échapper. La magie montait en elle. Une magie sombre. Son corps fut soudain secoué d'un haut-le-cœur, et un nuage de magie noir s'extirpa de sa poitrine, s'assombrissant à chaque seconde. L'elfe, reprenant en partie contrôle de son corps, manipula la forme aérienne jusqu'à en faire une sphère de la taille d'une main, où était renfermé la puissance du nuage. Les fidèles s'étaient tus. Jyel, avec maintes précautions, dirigea la sphère de magie vers l'autel. Lentement, celle-ci se détacha du contrôle de l'inquisitrice et flotta au dessus du piédestal.

La sphère se mit à rayonner. Les croyants durent se cacher en partie les yeux, éblouis par les rayons obscurs. Puis le globe explosa, se répandant en hauteur en de plus petites explosions noires. Une fine poussière retomba lentement sur l'autel. Alors que les Fidèles pensaient pouvoir repartir après cette démonstration, la poussière s'envola et se figea une première  fois dans les airs. Doucement, elle prit des teintes verdoyantes. Soudain, elle se mit à tourbillonner violemment et le vent se leva. Et le Dieu-Serpent apparut. Ou du moins, sa silhouette se forma dans la poussière. Quelques Fidèles tombèrent à genoux, en psalmodiant. Jyel esquissa un sourire satisfait et les cendres retournèrent en petits essaims se loger dans sa poitrine. Elle raccompagna la petite troupe dans une clairière ensoleillée, d'où ils retrouveraient tous leurs chemins respectifs.

« Voilà pour aujourd'hui. N'oubliez pas, le Vindictus vous protège tant qu'il est assuré de votre ferveur.»

Les Fidèles s'inclinèrent et s'en allèrent seuls ou par petits groupes.

Décidée à prendre un peu de bon temps, Jyel Elehnuun opta pour une balade en forêt, en dehors des sentiers religieux. Elle avait envie de se retrouver seule, loin de l'agitation constante du temple. L'elfe s'enfonça lentement dans la forêt, sur des sentiers encore inexplorés et foulés pour la première fois. La pluie tombait plus drue, passait entre les feuillages et mouillait l'inquisitrice. Les gouttes d'eau s'infiltrait dans sa chevelure, dans son cou, dans les plis de ses vêtements de cérémonie. Qu'importe, elle se sentait bien.

Ses pas la menèrent dans un clairière peu lumineuse, où coulait une rivière. Malgré l'obscurité apparente, elle remarqua une silhouette agenouillé. Elle s'approcha à pas de loups, la silhouette se précisant à ses yeux. Ce devait être un homme, un humain. Assez jeune, à première vue. Il semblait... blessé. Jyel se détacha de sa discrétion et rejoint doucement l'humain, s'arrêtant à quelques pas de lui, alors qu'il était dos à elle. Des mèches de cheveux gris collaient à son dos. Brusquement, il se retourna. L'inquisitrice ne sursauta pas, elle s'attendait à ce qu'il sente sa présence. Elle inclina légèrement sa tête sur le côté, étonnée de trouver un homme dans ces lieux.

Son brusque mouvement semblait avoir causée une étrange douleur chez cet étranger. D'un regard, l'inquisitrice aperçut sa blessure béante à l'épaule, puis détailla mentalement le visage de l'inconnu. Fatigué. Inquiet. Souffrant. Distant.

Elle avait, pendant sa promenade, cueillit des herbes médicinales qui peuvent apaiser la douleur. Peut-être pourrait-elle lui proposer de lui préparer une décoction. Jyel n'aimait pas être face à la douleur. Ce n'était pas de la pitié, c'était du dégoût. Elle n'aimait pas lire la souffrance sur un visage. L'inquisitrice s'agenouilla face au blessé, à une distance respectable, pour ne pas l'effrayer ou le mettre mal à l'aise.

« Vous me semblez bien amoché. Je ne peux vous soigner. Mais je peux atténuer votre douleur, si vous le désirez. »

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